Stéphane Michaka, Ciseaux
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Publié en 2008 et traduit en français en 2012, L’étoile du matin est le premier roman solo de Wu Ming 4, l’un des membres du formidable collectif littéraire italien Wu Ming, à qui l’on doit notamment les extraordinaires Q (L’œil de Carafa en français), Manituana et 54 (non traduit en français).
Wu Ming 4 a choisi un terrain surprenant, qui se révèle à la lecture d’une richesse exceptionnelle, pour proposer un bilan de la confrontation entre humanisme et sauvagerie. En 1919, à Oxford, un certain nombre d’étudiants et de professeurs, chercheurs, poètes ou littérateurs, tentent de revenir à leurs arts, de les réinventer ou de leur rendre une possibilité d’existence, après avoir été confronté de près à l’horreur dans la boue des tranchées de la Somme, où nombre d’entre eux ont perdu amis et proches, dans des conditions souvent particulièrement atroces.
Les protagonistes du roman sont ainsi, au premier chef, Robert Graves, poète déjà en cours de reconnaissance et futur immense spécialiste de la mythologie grecque, John Ronald Reuel Tolkien, qui écrit presque en secret les premiers textes qui conduiront, beaucoup plus tard, au Seigneur des Anneaux, C.S. Lewis, chrétien convaincu, pris dans les filets complexes d’une double vie et d’une aigreur mal maîtrisée, bien avant de devenir l’auteur mondialement célèbre des Chroniques de Narnia. Tous trois vont graviter autour d’une étoile qui les force à se révéler à eux-mêmes ou aux autres : T.E. Lawrence. De retour à Oxford, l’ex-archéologue, désormais colonel et, sous le surnom de Lawrence d’Arabie, héros célébrissime de la révolte arabe contre les Turcs au cours du conflit qui vient de s’achever doit à la fois écrire, à la demande générale, ses mémoires de guerre, qui ne s’appellent pas encore Les sept piliers de la sagesse, et surmonter les abîmes que sont devenus ses doutes intimes : horreurs personnelles du combat irrégulier, honneurs bafoués ou promesses trahies. Encore plus que les autres, il a vécu aux premières loges le développement du gouffre, désormais solidement installé, entre la culture humaniste de sa jeunesse et la réalité du monde moderne, et est paradoxalement en pointe dans le combat que la poésie peut encore espérer livrer, malgré tout…
Dès que, lecteur, l’on accepte ces étonnantes prémisses et cet espace de jeu peu ordinaire, on se trouve plongé dans un roman ambitieux et terrible, sous ses airs feutrés et oxfordiens. Du très grand art, digne en tous points de la puissance de Wu Ming. Et pour citer la pertinente conclusion de la quatrième de couverture : « L’un des membres du collectif repose à sa manière méditative la question que les quatre de Bologne ne cessent de creuser, celle du travail des mythes. Ou comment transformer le monde en le racontant. »
« Ronald baissa les yeux sur son cahier et écouta la pluie pour chasser les images de l’attaque d’Orvillers. Elles l’assaillent parfois à l’improviste, mais heureusement moins souvent que dans les premiers mois du retour. Ces jours-là, il n’avait rien pu faire d’autre qu’écrire et écrire encore. Il n’avait pas trouvé de meilleur moyen pour dompter les monstres que de les transformer en créatures de fables, à placer de l’autre côté du miroir, au royaume des fées. Le pouvoir mystérieux de la langue le lui permettait, la force évocatrice ancestrale. Le mystère des mots.
C’était ce type bizarre au musée qui lui avait donné cette définition. Au fond, c’était ça qui l’avait poussé à créer une langue à la fois nouvelle et très ancienne, l’idiome des fées qu’Edith adorait, la clé pour accéder à l’autre partie du monde.
Les discours de Lawrence allaient au-delà des préjugés : une qualité rare. Il s’était présenté comme archéologue. Quand Ronald avait révélé son propre métier, il avait eu l’air intrigué.
- Un philologue sonde le mystère des mots, n’est-ce pas ?
Pris au dépourvu, Ronald avait acquiescé. »
[... Charybde 1 approuve.]
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John Howard GRIFFIN, Dans la peau d'un noir
Gustav JANOUCH & Maurice NADEAU, Conversations avec Kafka
Paul FOURNEL, Anquetil tout seul
Philip ROTH, Opération Shylock
Philip ROTH, Parlons travail
Valérie MREJEN, Pork and Milk
Joan DIDION, L'Amérique (Chroniques)
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Ce récit de Ketty Steward, paraissant en ce mois d'octobre 2012, est un texte captivant et fort, qui peut se lire de plusieurs manières (en tout cas d'au moins trois).
Un jeu narratif d'abord, plutôt cruel mais totalement salutaire, d’échanges, de renvois et de retours entre le noir et le blanc, remarquablement mis en valeur et en lumière par les photographies de Bertrand Robion, en vingt instantanés, émotions parfois bouillonnantes « en dessous » d’une enfance et d’une jeunesse, martiniquaise puis wallonne et métropolitaine, instants qui fonctionnent aussi comme les étranges stations d’un chemin de souffrance, de lutte et d’apaisement. Couleurs de peau, racismes et complexes associés, religions, hypocrisies et obscurantismes, rituels sociaux vides de sens et rites personnels à inventer et élucider (et les rôles étrangement syncrétiques que peuvent y jour chats ou baraques à frites), silences mortifères et coupables absences, agressions sexuelles et complaisances familiales forcenées,… Tout cela raconté sans céder une seconde à la tentation de la pornographie charcutière (©Judith Vernant), tellement à la mode en cette rentrée littéraire, mais drapé dans une parole dense qui ne cache rien, maintenant avec force une pudeur nécessaire sur la douleur et ses conséquences.
Une sourde réflexion ensuite, calme mais intense, sur le mal et la souffrance qui remplissent une identité, et sur la manière de s’en délivrer, sur la quête longue et ardue que cela représente, sur le rôle de la colère, de l’aide rencontrée, du récit, de l’apprentissage et de l’écriture. Sur le cheminement personnel, la confiance, soi et les autres. Un fil intellectuel parfois fragile, mais dont la solidité s’affirme page après page.
Une grille de lecture, enfin, qui propose, offre et souligne au lecteur qui le désire de saisir ou d’approcher les racines de certaines des fulgurances qui peuplent les textes de Connexions interrompues, le recueil de nouvelles paru en 2011, dont un critique attentif et inspiré disait qu’il s’agissait plutôt de « Douleurs uniformisées ». La résonance entre les deux textes est permanente et féconde, elle donne nettement envie d’en savoir davantage, et de découvrir de nouveaux récits que le formidable moteur littéraire de Ketty Steward, ici largement mis à nu, devrait nous proposer.
Sans s'en rendre compte, cette épicière avait été mon premier "caillou blanc". Une piste pour m'indiquer que les adultes ne sont pas tous les mêmes, que la liberté est au dehors et qu'il faut essayer d'aller à l'aboutissement de ses rêves. Je me sentis la force de daire à pied la distance qui me séparait du carrefour de Simon, ma deuxième étape ; là où je pourrais attendre le taxi collectif. Un pas après l'autre, il suffisait de marcher, de réaliser que j'étais seule au monde, seule avec ma volonté d'avancer, pied gauche, pied droit, pied gauche et ainsi de suite. (...)
Les mots, pour les avoir, nous devions les voler, constamment. Ma mère parlait de son ancien mari - mon père à vie - à sa mère et à sa sœur. Elle en faisait un monstre égoïste et absent. Tout me semblait faux, mais c'étaient déjà des mots. Une manne si rare que je les gardai. Les quelques fois où j'avais le courage de craqueler le vernis pour poser des questions, on me renvoyait illico à mes jeux et à mon manque de réponses. Où était mon père ? Nous avait-il abandonnés ? Reviendrait-il ? Ne nous aimait-il plus ? Et ma mère aimait-elle encore celui qui avait été l'homme de sa vie et le père de ses enfants ? Les mots se terraient sans cesse et j'eus envie de les débusquer.
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Soudain trop tard raconte en détail la journée de deux frères très borderline dans un quartier populaire de la ville. Dans un bar à l’aube, Epi défonce le crâne de son ami Tanveer à coups de marteau sous les yeux d’Àlex. Le premier s’enfuit et le second passe les heures qui suivent à tout mettre en œuvre pour comprendre son geste et le protéger.
Avec une structure non-linéaire faite de flash-backs et de passages subjectifs pour chaque protagoniste, Carlos Zanon nous offre un roman noir et désespéré.
Soudain trop tard prend donc tout naturellement sa place dans la collection Fictions d’Asphalte qui comprend aujourd’hui une quinzaine de titres. On trouve au sein de cette collection une cohérence rare : du roman noir ayant la ville pour cadre (où qu’elle soit située dans le monde) et pour sujets les humains qui s’y débattent, tentent de ne pas s’y noyer mais le plus souvent échouent.
Après Cinacittà de Tommaso Pincio, Golgotha de Leonardo Oyola et Chat sauvage en chute libre de Mudrooroo, Asphalte nous plombe à nouveau joliment le moral avec un Soudain trop tard violent, âpre et sans concessions. Heureusement que le lumineux premier roman de Dustin Long, Icelander, nous offre un répit… Bref, plus qu’un livre, c’est un éditeur à découvrir de toute urgence.
[... et Charybde 1 est carrément d'accord !]
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Quarante mois d’automne. Un hiver aussi long. Pas de printemps. Encore moins d’été.
Et un auteur perdu qui lutte pour écrire l’histoire de sa vie.
Pour moi, l’histoire de ce livre débute à la terrasse d’un café de la place Daumesnil.
Et que font deux libraires à la terrasse d’un café ? Ils parlent boutique et livres bien sûr.
Surtout de livres.
Et quand, j’avoue ne pas connaître Les Saisons de Maurice Pons, Jérôme[1] se lève, paye les cafés, m’entraîne jusqu’à sa librairie, fonce vers un rayon et me tend un Christian Bourgois à la couverture lumineuse. « Lis moi ça, c’est culte ! Tu m’en diras des nouvelles. »
Des nouvelles, Jérôme, en voilà : merci du cadeau.
Les Saisons, c’est un village perdu dans une contrée hostile où Siméon débarque un jour qui n’a rien de beau. Les pluies d’automne durent plusieurs années et le froid qui suit peut geler les habitants à l’intérieur même de leurs taudis. Fuyant un désert où il vivait captif et où il a vu sa sœur torturée, violée puis mourir, il trouve un bien pauvre asile parmi ces habitants.
« Il ne voulait que s’enfuir au plus vite, comme il s’était toujours enfui ; il voulait seulement survivre, comme il avait toujours survécu. »
Son seul autre désir, c’est écrire.
Pour toute richesse, il possède quelques rames d’un papier précieux et une poignée de crayons. Mais il lui faudra d’abord être accepté par les villageois. Ensuite, une fois sa sécurité assurée, se mettre à l’ouvrage : écrire sa sœur, leurs vies, et cette séparation cruelle, injuste.
Mais Siméon se retrouve prisonnier de ces saisons, tente en vain de se raconter mais échoue. Les terribles mois d’hiver succèdent aux longs mois d’automne. Malgré l’abri trouvé, une blessure s’aggrave. Son pied rongé par la gangrène doit être amputé d’un orteil. Le temps passe et Siméon n’arrive toujours pas se mettre à l’ouvrage. L’œuvre reste dans les limbes.
Grandiloquent malgré tout, il se perd un peu plus à chaque fois qu’il prend la parole. Lors de sa grande tirade devant le conseil qui doit décider ou non de l’accueillir dans le village, il prononcera ces mots :
« Je suis venu ici pour partager avec vous le pain des mots et le vin de la phrase. […] ce sont des horreurs que je dois décrire, des horreurs et des souffrances surhumaines – comme par exemple la mort de ma sœur Enina – et c’est à travers cette horreur que je dois atteindre la beauté, une beauté qui purifiera la monde […] Après quoi le monde sera meilleur, et vous-même vous serez meilleurs dans un monde plus heureux. Voilà quelle est ma science.»
Et comble de l’ironie, en l’acceptant et en lui confiant la charge du pluviomètre, ces gens-là vont sceller son tragique destin.
Les Saisons, c’est aussi une galerie de personnages qui survivent on ne sait comment sur ces terres : Ham la tenancière d’un Café-Hôtel sordide ; les deux douaniers, réminiscence d’une autorité passée ; Le Croll médecin (?) du village porté sur la bouteille autant que sur l’amputation ; Louana la fillette, la seule à être heureuse à l’endroit où tout le monde perd espoir ; Enina, cette sœur absente, ce fantôme qui hante Siméon et surtout Clara Dodge dont il tombera éperdument amoureux…
Dans ce monde déphasé, volontairement outrancier : pas d’échappée possible. La caricature pourrait prêter à rire si elle n’était pas si sordide. Le désespoir en filigrane, tout ce que raconte Siméon n’est en définitive qu’une lente et inéluctable descente aux enfers.
Tout commence avec l’inspection par les douaniers du havresac de Siméon. Leur mépris, leur incapacité à seulement comprendre le concept même d’auteur s’opposent aux explications maladroites de l’écrivain en devenir.
Le bizarre demeure omniprésent, dérangeant. Le rythme étiré des saisons, presque onirique, vrille notre perception du temps, nous hypnotise. En effet, comment accepter cette alternance automne/hiver qui ne devrait pas permettre la moindre culture, ne serait-ce que de lentilles ? Comment suspendre encore son incrédulité devant l’extravagant chauffage personnel des villageois ? Comment accepter qu’un âne aide Le Croll à soigner ses patients comme il le fait ?
À propos d’une œuvre, on parle souvent de pouvoir d’évocation. Cette évocation est la plupart du temps visuelle. Ici, Maurice Pons sollicite tous nos sens. Moiteur, pourriture, pourrissement des chairs, l’incessant tambourinement de la pluie sur les toits, le poids de la neige qui fait craquer les bâtisses, froideur, faim dévorante…
Toutes ces sensations se combinent en un énorme flash si puissant qu’il imprime sa marque indélébile dans le cerveau du lecteur. Déclenchant ainsi une espèce de persistance rétinienne qui irait gangrener nos autres sens. Devant l’énormité de la situation, mise à rude épreuve, notre incrédulité s’effondre, balayée d’un coup de plume par l’écrivain.
Les Saisons c’est aussi un hurlement. Hurlement de l’auteur façon Munch devant la page blanche, le besoin de créer et l’incapacité d’y parvenir. Il lui faudra lutter contre les éléments, contre les cahots de sa propre vie et contre la société. S’entêter est inutile, l’art n’améliorera en rien l’ordinaire de ce qui reste de ce village : ses habitants n’auront toujours qu’une poignée de lentilles à manger et l’alcool de lentille pour se saouler.
« Il n’y aura ni pain, ni vin. Ah ! maudit, maudit dès sa naissance, celui qui a voulu écrire ! »
Les Saisons nous hurle que la création se fait dans la douleur, que l’implication de l’auteur doit être totale, au service de son œuvre et au mépris de sa propre sécurité. Les Saisons, en définitive, c’est peut-être le roman qu’a publié Siméon sous le pseudonyme de Maurice Pons, le grand œuvre qu’il a réussi à achever malgré tout. L’histoire de sa vie, des villageois et de sa sœur, a enfin pu parvenir jusqu’à nous.
Charybde 4
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Publié en septembre 2012, le sixième ouvrage de Mathieu Larnaudie confirme, après le magique Les effondrés en 2010, que l'on tient là un "grand" de la littérature contemporaine.
Une prémisse certes étonnante mais, apparemment, simple : Müller, plume aussi réputée que discrète au service de divers politiciens, s'est, suite, sans doute, à un échec électoral de son employeur, retiré à la campagne, dans une grande propriété isolée, nantie d'un immense parc, qu'un jardinier embauché pour l'occasion a rapidement entrepris de magnifier, parc qui est aussi surplombé par un viaduc romain, dont les candidats locaux au suicide prennent la fâcheuse habitude d'user comme ultime plongeoir...
Curieusement rythmé par les écrasements - dont l'impact véritable ne se révèle que peu à peu -, les séries télévisées et les verres de chartreuse comme salvateurs refuges, le temps s'écoule (à une vitesse qui surprendra le lecteur), tandis que Müller cherche à écrire le discours parfait, hors de tout commanditaire cette fois...
Tout en fausse douceur, cette réflexion profonde, déguisée en méditation désabusée, sur la parole politique - sur la politique elle-même en fait -, masque aussi, en évoquant Cicéron ou les tribuns français du XIXème siècle, une analyse terrible de la névrose obsessionnelle et de la quête de sens... Au fil des jours et des nuits qui se succèdent dans une paisible torpeur que troublent uniquement suicidés et gendarmes venant relever les corps, Mathieu Larnaudie réitère aussi le miracle d'écriture qui hantait déjà Les effondrés : une capacité sans doute unique aujourd'hui à nous fournir, dans la même phrase ou le même paragraphe, le "film" lui-même et le commentaire du réalisateur (ou le "making of"), forçant élégamment le lecteur, avec un narrateur mis en scène cette fois-ci, à un recul permanent et heureusement troublant.
Une lecture essentielle.
Le premier de mes morts tomba sur les coups de six heures. Nul ne peut savoir, bien sûr, si, avant de basculer dans le vide du haut des quarante mètres de surplomb où il fomentait son plongeon définitif tandis que, dans le parc, Marceau s'affairait à la culture de ses plants, il avait vu ce dernier creuser, bécher, rouler ou fumer l'une de ses continuelles cigarettes. Et si, en effet, il avait re
gardé en dépit de tout vertige vers le fond du précipice et avait vu Marceau s'agiter ou immobile en contrebas, nul ne peut savoir non plus, évidemment, si, gêné, il avait hésité un instant sur le seuil de sa chute par crainte de se répandre, tombé de nulle part, à quelques pas d'un honnête travailleur, d'un innocent jardinier, ni si lui avait répugné la perspective d'exhiber l'impudeur de son corps brisé, écrabouillé, devant des yeux inconnus.
Je restais livré au calme nu de mon acharnement. Une impossible frénésie m'animait. Invariablement, continuellement, fiévreusement le plus souvent, machinalement parfois, dans mon bureau je consultais, prélevais, synthétisais, composais, rédigeais ; sur l'estrade de bois, les mains agrippées aux bords de mon pupitre, les mains voletant dans les airs, les mains tendues devant moi, les mains ouvertes et démonstratives, les poings fermés et volontaires, je prononçais les plus aboutis de mes discours.
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Il se passe BEAUCOUP de choses chez Charybde en ce moment, et pour tous les goûts (enfin, compatibles avec ceux de la maison !).
Vendredi 28 septembre, l'équipe de la revue Feuilleton, bien appréciée chez nous, sera notre libraire invité et viendra présenter une sélection de 7 livres - et également fêter le lancement du numéro 5 de la revue.
Vendredi 5 octobre, nous fêterons le lancement de Noir Sur Blanc, le premier roman de Ketty Steward, après son recueil de nouvelles Connexions interrompues paru l'an dernier. Un beau récit, dur et lucide, qui nous parle de race et de sexe, de préjugés, d'abus et de dépassement, avec émotion, finesse et intelligence.
Jeudi 11 octobre, une soirée exceptionnelle, puisque nous recevrons trois des auteurs préférés de la librairie, Claro, Mathias Énard et Mathieu Larnaudie, pour une sorte de "show Actes Sud" autour de leur trois (magnifiques !) romans de cette rentrée.
Dimanche 14 octobre, vous pourrez rencontrer Michael Moorcock, l'un des pères de l'heroic fantasy moderne, du steampunk et de la révolution stylistique en SF, grand inspirateur de groupes rock et presque patron protecteur de Scylla, notre librairie-sœur, depuis le début !
Mercredi 17 octobre, Carlos Zanón sera parmi nous, avec ses éditrices d'Asphalte, pour fêter le lancement de son Soudain trop tard, première de ses oeuvres traduite en français.
Vendredi 19 octobre, nous vous invitons à rencontrer Stéphane Michaka, dont le Ciseaux, re-création de l'univers de Raymond Carver et puissante réflexion, pleine de drôlerie néanmoins, sur la création littéraire et le rôle de l'éditeur, devrait vous enchanter.
Jeudi 25 octobre, les magiques éditrices d'Asphalte, qui nous accompagnent avec bienveillance depuis l'ouverture de la libraire en juin 2011, seront nos libraires invitées. Feu d'artifices en perspective !
Vendredi 26 octobre, nous recevrons Dominique Forma, pour son tout nouveau Voyoucratie, du noir comme on l'aime, et qui devrait réjouir les amatrices et amateurs de son précédent Skeud comme celles et ceux qui le découvriraient à l'occasion. Il sera accompagné de son éditeur Rivages Noir, qui nous parlera des parutions en cours de cette collection que nous suivons intégralement chez Charybde.
À noter également qu'à la demande pressante de beaucoup d'entre vous, nous allons à partir d'octobre OUVRIR LE DIMANCHE, pour une période-test de plusieurs mois, et vous proposer une journée Spéciale Occasions chaque mois. Plutôt sympathique, tout ça, non ?
À bientôt, nombreuses et nombreux, en Charybde !